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INTERVIEW DE FRÉDÉRIQUE DANS LE MAGAZINE REGARD BOUDDHISTE


C'est avec plaisir que j'ai répondu à une interview pour le très beau www.magazine-regard-bouddhiste.com... La voici.

Regard Bouddhiste : Frédérique, pourquoi ce magazine ?

Frédérique Barral : J’ai décidé de créer ce magazine alors que j’étais alitée avec une seconde fracture du coccyx. Un de ces moments où la vie nous oblige à nous poser. J’avais envie de répondre aux questionnements et à la détresse des personnes qui, de plus en plus nombreuses, sont diagnostiquées hypersensibles ou malades cœliaques. J’avais envie de partager le bonheur de ma nouvelle vie sans gluten, ce souffle nouveau qui s’installe après la période d’inconfort des débuts, liée au changement d’habitudes ali-mentaires. J’avais envie de passer un message d’espoir, montrer que vivre « sans » ne donne pas forcément des gens frustrés, au contraire : comprendre ses maux et apprendre à se respec-ter, être en accord avec soi-même est un bon-heur inestimable. C’est un pas vers l’harmonie.


 

R.B. : Qu’est-ce que cela évoque pour vous « se nourrir autrement ? »

F.B. : Se nourrir autrement c’est pour moi se nourrir en conscience. C’est redonner du sens à l’acte de se nourrir. C’est choisir ses aliments en fonction de qui l’on est. Nous sommes tous différents et nos besoins le sont également. Se nourrir autrement, ce n’est pas « manger parce qu’il le faut », c’est sentir le plaisir de prendre soin de soi et des autres en choisissant de bons ingrédients et en cuisinant en toute simplicité et avec amour de bons petits plats qui vont régaler tous nos sens.

 

R.B. : Particulièrement « aujourd’hui », non ?

F.B. : Aujourd’hui particulièrement dans nos vies à cent à l’heure, où le repas du midi est pour beaucoup une pause pendant laquelle trouver de quoi se « remplir » rapidement. Le dîner aussi est devenu une corvée : manquant de temps, il nous est de plus en plus difficile d’en accorder aux autres. La maman à la maison n’est plus le profil idéal de la mère de famille et concilier vie professionnelle et familiale est le défi des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Quel sens donnons-nous aujourd’hui à l’acte de se nourrir ?

INTERVIEW DE FRÉDÉRIQUE DANS LE MAGAZINE REGARD BOUDDHISTE

R.B. : Vous évoquez « se nourrir en conscience », qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

F.B. : Se nourrir en conscience c’est, pour moi, choisir ses aliments en ayant la totale compréhension de ce qui se cache derrière un beau produit ou un beau packaging. C’est savoir lire les étiquettes, comprendre ce qui entre dans son corps et l’incidence sur sa santé. Se nourrir en conscience c’est ne plus fermer les yeux, juste guidé par des achats impulsifs. C’est faire un choix conscient de la manière dont on veut vivre. C’est accorder ses achats avec ses valeurs. C’est aussi accepter le fait que se « nourrir » est un acte de santé et de respect de soi ainsi que de l’environnement. Et puis l’alimentation est tellement liée à nos émotions.



R.B. : Est-ce l’intolérance au gluten qui vous a inspiré toute cette réflexion sur « se nourrir en conscience » ou bien était-ce dans vos réflexions déjà au préalable ? Devoir réfléchir sa nourriture autrement, parfois à contre-courant de la société, qu’est-ce que cela vous a apporté ? Et du coup, j’imagine, l’envie de partager avec les autres ?

F.B. : J’ai commencé à m’interroger sur ce que je mangeais lorsque j’ai été enceinte. Je voulais apporter le meilleur à mon enfant. C’est là que mes premières réflexions sont nées, il y a maintenant presque 12 ans. À cette époque, avec toutes mes découvertes sur l’alimentation « moderne », j’étais en état de rébellion contre un système ; la colère de l’injustice m’envahissait. Depuis, je me suis apaisée, j’ai compris que nous avons tous notre chemin et que « la nature de l’exemple » est le plus doux moyen pour aider ceux qui souhaitent avancer vers un changement. Puis nous avons été diagnostiquées malades cœliaques, ma fille et moi. Prendre conscience que l’on est malade de ce que l’on mange a vraiment été un choc mais aussi un soulagement : pas besoin d’un traitement à vie pour régler tous nos maux, juste une éviction. C’était juste après le décès de ma mère d’un cancer digestif. À ces périodes de vie, les remises en question vont bon train et on s’interroge sur le sens de l’existence. C’est là que j’ai pris conscience de l’importance du choix des aliments et de la manière de les préparer. Ce sont ces aliments qui vont nous bâtir et nous permettre d’exister en pleine possession de notre force de vie. « Que ton aliment soit ton premier médicament », cette maxime d’Hippocrate est tellement vraie ! Il faut avoir conscience de la force vitale des aliments.

 

Merci Melanie Chereau !

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