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Passionnantes Orties


Passionné par les plantes, Michel Pierre dirige l’Herboristerie du Palais Royal depuis 1972, une des dernières herboristeries de France.

En ces nouveaux jours de printemps, il nous présente une familière de nos régions : l'ortie piquante. Savez-vous qu'elle se consomme ? Riche en fer et en minéraux, elle procure beaucoup d' avantages à se retrouver à notre table !

Commune en Europe, elle peut pousser jusqu'à 2 500 mètres d’altitude et la nature nous en offre suffisamment pour ne pas nous obliger à la cultiver. Elle se distingue de l’ortie commune par ses fleurs unisexuées : mâles et femelles sont sur la même grappe simple non ramifiée, les fleurs femelles étant plus nombreuses. La floraison se fait de mars à octobre et la pollinisation par le vent. L’ortie piquante, ou dioïque, pique les maladroits avec ses poils urticants. On la dit "mauvaise herbe" et pourtant... la preuve par 10 !

  • Elle est reconstituante grâce à sa forte teneur en chlorophylle et en bioflavonoïdes. Elle contient également du fer, du calcium, du potassium, du silicium, du magnésium ainsi que de la vitamine A et C.

  • Dépurative et diurétique, elle combat la rétention d'eau. Ses parties aériennes sont utiles pour irriguer les reins, la vessie et les voies urinaires.

  • Son action principale est anti-inflammatoire, elle aide à soulager les douleurs arthritiques et rhumatismales. Traditionnellement, un remède de nos grands-mères consistait à appliquer les feuilles fraîches de l’ortie directement sur la peau pour soulager les douleurs causées par l’arthrite et les rhumatismes.

  • Les racines contiennent des phytostérols qui sont des alliés pour lutter contre le cholestérol et contre l’hypertrophie bénigne de la prostate, les difficultés de miction fréquente, excessive ou nocturne.

  • Ses  feuilles sont très riches en protéines dites végétales.

  • L'ortie est particulièrement une alliée des femmes qui ont des besoins supérieurs en fer. De plus, son effet galactogène est également utile pour stimuler les montées de lait des femmes allaitantes. Sa grande richesse en fer combat l’anémie.

  • Les fibres de la tige peuvent servir à faire des cordages, du papier ou des tissus, mais elle est moins résistante que le chanvre ou le lin.

  • Sa teneur en anti-histaminiques lui permet de soulager l’asthme et le rhume des foins.

  • Source importante de silice, elle redonne éclat et couleur aux cheveux.

  • L’ortie est un maillon important de la biodiversité, elle est l’habitat de nombreux insectes dont certains dépendent directement d’elle.
Passionnantes Orties

Le métier d'herboriste est en voie de disparition car le diplôme n'est plus reconnu par la France depuis 1941 (on compte pourtant 5 000 herboristeries en Allemagne, 4 000 en Espagne). Pourtant, les plantes médicinales sont de plus en plus plébiscitées par les Français, voilà pourquoi Michel Pierre vient de publier l'ouvrage Les plantes du bien-être - Les remèdes de A à Z  aux éditions du Chêne.

Si vous êtes téméraire et courageux, le printemps est la meilleure saison pour cueillir les orties ! Cependant, quelques précautions s'imposent.

D'abord, profitez de vos promenades pour repérer un coin où l'ortie n'aura pas été piétinée. Évitez les bordures de cultures traitées. Attention également de ne pas la cueillir dans des endroits fréquentés par des animaux d'élevage ou même domestiques. Le mieux c'est encore de vous garder un coin de jardin ou de balcon où laisser ces demoiselles s'épanouir. Ensuite, ne cueillez que les petites feuilles tendres du haut de la plante : les sommités. Les vieilles feuilles sont plus dures et plus râpeuses et contiennent des minéraux sous forme de cristaux qui pourraient être agressifs pour les reins. Évitez également les plantes déjà fleuries, trop âpres.

Attrapez-la délicatement par le dessous de la feuille ou préférez les gants. Les poils de la feuille sont des sortes de petits bulbes contenant un liquide urticant. En attrapant ou en frottant la feuille, vous éclatez ces bulbes et le liquide se répand sur votre peau. Vous souffrez alors de cette envie irrésistible de vous gratter ! Ne vous y trompez pas, si la plante ne pique pas, ce n'est pas une ortie piquante ! Vous aurez alors sans doute devant vous le lamier ou l'épiaire des bois. Cherchez donc les urticantes !  Vous pouvez aussi vous munir de ciseaux ; cela peut être une bonne solution. Et pensez à protéger vos gambettes !

Ne vous inquiétez pas, le temps d'arriver chez vous, elles auront déjà perdu leur pouvoir urticant. Cuites, elles seront inoffensives. Attention, l'ortie non cuite s'oxyde rapidement ! La consommer dans les 24 heures qui suivent la cueillette pour ne pas en perdre la fraîcheur.

Conseils de séchage

Placer les orties; non superposées, dans un local bien ventilé à 40 °C et  dans l'obscurité, car les vitamines C, E, K et B9 qu'elles contiennent sont particulièrement sensibles à la lumière.

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